La Nature et le Temps forment un couple heureux

La Nature et le Temps  forment un couple heureux

La Nature et le Temps forment un couple heureux

Dans l’effrayant chaos du siècle il m’a semblé que le retour à la rigueur et à la simplicité, à la naïveté parfois, d’une écriture classique, apporterait à l’esprit du lecteur un peu de cet apaisement dont nous avons tous tant besoin…

14 € TTC

AuteurMichel MARTINEZ
ComplémentIllustration originale couverture : Lionel PASCAL
Date de sortie27/12/2025
Nb pages62
Format140x210
ISBN978-2-494677-09-8

Les paysans
(Sonnet  dit « lozérien »)

 

L’aube libère au ciel sa timide lumière ;
Un rayon pâle a lui,
Et voici que s’allume, en même temps que lui,
L’âtre, dans la chaumière.

Accomplissant déjà leur tâche coutumière 
Quand l’ombre à peine a fui,
Ceux que leur pauvreté dispense de l’ennui,
Dès la lueur première

Courent à leurs travaux d’hier et d’aujourd’hui :
Humble race ouvrière
Qui ne trouve ici-bas nulle sorte d’appui

Sinon dans la prière,
Et qui le long des jours s’épuise pour autrui
Jusqu’à l’heure dernière.

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Michel MARTINEZ

Michel Martinez est né en 1956 à Montpellier et a grandi à Mauguio. Au lycée, dans le Lagarde et Michard, il découvre Malherbe qui restera sa référence et auquel il consacrera son mémoire de Maîtrise à l’Université Paul-Valéry.

Professeur de Lettres,  il a notamment  exercé au lycée Georges-Pompidou de Castelnau-le-Lez.

La défense de l’esthétique classique est le combat de sa vie.

Par Michel Tournier le 03/02/2026
La nature et le temps

Au début, c’est presque Michel (moi) au pays des merveilles.
Une ode à la nature sous toutes ses formes, écrite avec une tendresse et une attention rares. La nature n’est pas décor : elle agit, elle veille, elle traverse le temps. J’ai été particulièrement touché par ce moment où le texte plaint le soleil, comme s’il portait trop de tâches, trop de brûlures, et qu’on lui souhaitait l’arrivée d’octobre pour qu’il se repose enfin même si l’on sent bien que la nature, elle, ne se repose jamais tout à fait : ce qu’elle accomplit ici, elle le poursuivra ailleurs, d’un hémisphère à l’autre.

Puis, presque sans que l’on s’en rende compte, quelque chose bascule.
Au départ, c’est l’homme qui contemple la beauté du monde.
Et soudain, c’est la nature qui devient témoin de l’humanité.

Elle observe ce que nous sommes capables de produire de plus laid : la violence, la répétition des guerres, le bruit, la destruction. Ce n’est jamais appuyé, jamais moralisateur. Juste un regard lucide, presque fatigué, qui sait déjà qu’il faudra un jour réparer, recouvrir, faire oublier et que pourtant cela recommencera.

C’est un texte profondément rose au début : on croit que la rose va parfumer toute la lecture. Et elle le fait… mais autrement. La douceur n’efface pas la réalité ; elle la rend plus visible. Cette rose n’est pas décorative, elle est témoin.

Il y a dans l’écriture une vraie délicatesse, une intelligence du rythme et du regard, qui laisse au lecteur l’espace de ressentir sans jamais l’enfermer.
Un livre qui parle de la nature, bien sûr, mais surtout de nous, tels qu’elle nous regarde désormais.

Un livre que tout le monde devrait lire.

En refermant La nature et le temps, on comprend que la nature n’est ni hostile ni vengeresse. Elle est alliée. Elle réagit, elle s’adapte, elle soigne. Ce que nous appelons catastrophes ne sont bien souvent que nos propres déséquilibres projetés sur elle. La nature, elle, fait ce qu’elle a toujours fait : répondre au monde qu’on lui impose.

Avec ce livre, Michel Martinez nous offre un petit bijou de délicatesse et de lucidité. Il nous emporte dans un voyage sensible où le rapport entre l’homme et la nature se révèle sans jugement, mais sans complaisance.
Un dialogue silencieux s’installe : je te donne, tu fais ; je réagis, je m’adapte ; je continue à prendre soin même de vous, au cœur de vos conflits.

Un texte qui apaise autant qu’il interroge, et qui rappelle, avec une grande justesse, que la nature n’a jamais cessé de faire sa part.